mercredi 8 avril 2009

Notre émission du 8 avril: L'année dernière à Marienbad, film d'horreur ontologique?

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À toutes les semaines, cette émission tente de parler de cinéma selon une double perspective. La première, c'est d'aborder un film ou un genre considéré mineur avec un sérieux académique. Plus le sujet semble léger, plus nous le traiterons avec diligence et respect: le genre du Rape And revenge, les grands films campys, le cinoche de série Z, les kaiju eigas, nous en avons couvert plus d'un. Pour nous, si les genres existent, ils sont une bénédiction et n'ont rien de mineur.


La deuxième perspective est plus ambiguë: lorsque nous couvrons des grands classiques et des chefs d'oeuvres, nous nous retrouvons confrontés à des masses considérables d'informations allant de l'académique solide à la vénération molle. Nous avons donc la volonté d'offrir une dimension fraîche et originale, voire ludique, sur des films maints fois analysés, du moins en apparence. Occasionnellement, nous faisons s'affronter des films ayant des thèmes voisins: Carnival of souls vs Jacob's ladder, Max (Mon Amour) vs Harry (et les Hendersons) , Un condamné à mort s'est échappé vs Le trou. Or, la formule que nous affectionnons le plus, c'est d'analyser un film en le juxtaposant à un thème ne semblant partager aucun lien avec le putain de film. Est-ce que 2001:A space odyssey confirme les théories du Principe de Lucifer de Howard Bloom? Est-ce que Persona est le plus important film théorique sur la mémétique? Les Enfants du Paradis est-il un film occulte?

Vous voyez où on veut en venir? Cette longue introduction n'a pas pour seul but de faire la promotion de notre émission. Occasionnellement, un film est tellement riche qu'il en devient effrayant, élusif. C'est le cas du vaporeux L'année dernière à Marienbad d'Alain Resnais. C'est un film qui semble échapper au plus pertinent des académiciens. Quelque chose d'indicible le rend à notre sens littéralement horrifiant. C'est selon cette perspective que nous avons tenté d'analyser le film non seulement comme un film d'horreur, mais comme un film hanté; un film où tout, pas seulement la maison, est hanté, jusqu'à sa structure même. Et si c'était là le film d'horreur le plus important du médium cinéma? Nous en sommes venu à l'idée que L'année dernière à Marienbad est un film d'horreur ontologique, hanté par sa propre nature, sa propre structure, façonné par un langage ancien que s'échangent des démiurges, le réalisateur et le spectateur. Du Lynch avant l'heure. Perçu de cette manière, le film prend une nouvelle signification et confirme sa nature horrifiante.

Il est rare qu'une émission semble échapper complètement à notre contrôle, comme si elle nous semblait dictée par quelque chose.  

Ce fut le cas de celle-ci...on vous laisse en juger par vous même.

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